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the wire
 

The Wire / Sur écoute – 5 saisons

Un jour, on tombe sur The Wire (Sur écoute), la série légendaire de David Simon et Ed Burns, sur Baltimore et ceux qui font la ville : les dealers et les flics, les jeunes, les politiques, les syndicats du port et les médias. Chaque saison s’axe sur un de ces groupes dans lequel chaque personnage est poursuivi par son vice, tâché de ses tares. The Wire est une série complexe, elle multiplie les rôles et les thèmes. Les scénaristes explorent avec humour et véracité les magouilles tous niveaux confondus, sans jamais tomber dans le manichéisme.
 
Dans The Wire, rien n’est tout noir ou tout blanc, chaque événement positif peut se retourner en un instant et changer la donne. Personne ne gagne, « no one wins, one side just loses more slowly… ».
Le créateur, malin, a su choisir des acteurs impressionnants, marquants, et les fait évoluer tranquillement saison après saison. Et on y croit. Erigeant avec modestie des scènes absolument mythiques, The Wire est devenue une série monumentale, à parcourir avec curiosité, plaisir et tristesse, de la première à la cinquième saison.
 
Treme – 4 saisons
Sonnez trompettes ! En première ligne de Treme, deuxième joyau de David Simon, il y a la musique. Elle est interne, habitant la série comme un personnage à part entière ; un silence en deviendrait presque inquiétant. Elle est dans la vie et la mort, dans un verre au début de la nuit, un trombone qui coulisse entre les jambes d’une strip-teaseuse, un violon qui s’élance avec le matin, elle s’écoute fort, le cuivre à vif.

 

En seconde ligne, l’ouragan Katrina, balayant derrière lui les foyers et les cœurs. Treme est le combat musical de ce berceau culturel qu’est la Nouvelle-Orléans contre l’injustice. Contre une politique menteuse, dégueulasse. Treme est un défilé de couleur dans des rues grises, dévastées.
Comme dans the Wire, les seconds rôles prolifèrent pour ne pas privilégier un homme mais cent, pour toucher au plus près le réalisme, laissant une impression de fourmillement musical et humain.
 
The Deuce – 1 saison
Jamais deux sans trois… David Simon a encore frappé ! Le créateur revient avec the Deuce, une fresque de personnages évoluant dans le milieu de la prostitution à New-York, dans les années 70. C’est encore une fois un récit humain ultra-documenté, recréant l’atmosphère d’une ville américaine. Après Baltimore et la Nouvelle-Orléans, nous voilà sur les trottoirs sales de Times Square aux côtés de James Franco et Maggie Gyllenhaal qui s’échangent des dialogues crus, vrais, bandants. Dans the Deuce, pas de filtre sexiste, on voit tout ! Du bout de sein aux sexes dressés, hommes et femmes sont à la même enseigne sous les néons fluos.

 

La série prend son temps, là où les séries d’aujourd’hui font la course aux rebondissements, au suspense, au sensationnalisme. Ici, tout avance au rythme de la vie. Comme toujours, c’est réaliste, riche, politique, c’est féministe, drôle, savoureux et éprouvant parfois.
Ce sont trois familles un peu tordues qu’on a, à chaque fois, beaucoup de mal à quitter.